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I

l y a environ 200 millions d’années, lorsque le supercontinent 
Pangée a commencé à se séparer, la masse continentale 
que nous appelons aujourd'hui l'Inde était une grande 

île au large des côtes de l’Australie. La plaque indienne a 
commencé à se déplacer vers le nord, au rythme de 9 m par 
siècle et a fini par s’enfoncer dans la plaque eurasienne. La 
collision a marqué le début de la formation des montagnes 
de l’Himalaya, la croûte terrestre se plissant et se soulevant. 
Aujourd’hui, la plaque indienne continue à se déplacer vers 
le nord-est à raison 5 cm par an environ, poussant l’Himalaya 
toujours plus haut au fur et à mesure que les deux plaques 
s’écrasent. Si le mouvement relatif des plaques a ralenti, 
l’Inde reste une région où les tremblements de terre sont 
fréquents. En raison de son importante population et du 
risque de dommages liés aux tremblements de terre et aux 
tsunamis, l’Inde joue aujourd'hui un rôle de premier plan 
dans la recherche sismique.

Au cours de ces vingt dernières années, les chercheurs ont fait 
des progrès considérables dans la compréhension de la plaque 
indienne — son déplacement, la déformation interne et la 
convergence avec la plaque eurasienne au nord et la plaque 
Sunda à l’est. La plupart des progrès sont attribuables au GNSS 
et à sa capacité à effectuer des mesures précises sur des zones 
étendues. Le travail consiste en une série de campagnes GNSS et 
de stations de référence à fonctionnement permanent (CORS). 
Les chercheurs ont utilisé les mesures GNSS de campagne 
pour documenter la déformation de régions spécifiques. 
Parallèlement, plusieurs stations CORS GNSS permanentes ont 
été installées pour mesurer le déplacement de la plaque et la 

déformation aux marges de la plaque. Les géodésistes, les 
sismologues et d’autres chercheurs peuvent accéder en ligne 
aux données d'environ 100 sites GNSS permanents. Les données 
seront archivées et diffusées par le Centre national indien des 
Services d’informations océaniques (Ocean Information Services) 
(INCOIS).

À Hyderabad, le Conseil de la recherche scientifique et 
industriel – Institut de recherche de géophysique national de 
l’Inde (Council of Scientific and Industrial Research–National 
Geophysical Research Institute of India) (CSIR-NGRI) a joué 
un rôle éminent dans la compréhension de la déformation 
de la croûte terrestre. Dans ce cadre, l’Institut s'est largement 
investi pour établir et utiliser les réseaux GNSS. Le GSIR-NGRI 
a analysé les données d’environ 30 sites GNSS permanents 
situés sur la plaque indienne. Les données laissent penser que 
la déformation interne de la plaque indienne est très lente 
(<1 à 2 mm/an). La région intérieure de la totalité de la plaque 
se comporte donc largement comme une plaque rigide. Le 
CSIR-NGRI a étudié la région de la ligne de faille du Narmada 
Son, qui est la caractéristique tectonique la plus marquée de la 
plaque indienne et une source majeure de séismes. Cette étude 
a montré que, contrairement à ce que l’on pensait, le Narmada 
Son ne segmenterait pas la plaque indienne.

La déformation à l’intérieur du Narmada Son et d’autres lignes 
de failles du plateau indien stable est très localisée. Les études 
de la ligne de faille de Godavari (GFR) révèlent une déformation 
localisée (jusqu’à 3,3 ± 0,5 mm/an). Ceci implique que la 
compression sur des failles raides situées sur la marge sud de 
la GFR coïncide avec la région caractérisée par une sismicité 

Un pays en mouvement

En Inde, les savants utilisent la technologie GNSS pour étudier l’activité sismique du pays

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Une station d’observation GNSS dans les montagnes indiennes de l’Himalaya. La station utilise une antenne Trimble de type « choke ring » et un récepteur 
GNSS Trimble NetR9